CROWDFUNDING - ZACH BRAFF
Depuis quelques années, le crowdfunding – soit le financement d’un projet par des dons du public qui, en contrepartie, peut y participer et obtenir quelques retombées une fois qu’il est réalisé – rencontre un succès grandissant. Selon Crowdsourcing.org, près de 1,12 milliard d’euros ont été levés en 2011 sur les quelque 450 plateformes qui existent à travers le monde – comme celle de Kiss Kiss Bank Bank en France –, avec une hausse de 72 % des fonds amassés, dans des domaines aussi divers que la santé, l’environnement, le journalisme, la science et, surtout, la culture.
Le cinéma, également en quête de financement indépendant, se tourne de plus en plus vers ce modèle. En France ont vu le jour des sites comme PeopleForCinema, sur Ulule désormais, – où deux longs métrages, L’homme que l’on aimait trop, d’André Téchiné, et Homosapiennes, d’Audrey Dana, tentent actuellement leur chance – ou encore TousCoProd, où Michèle Laroque essaie par exemple de récolter 400 000 euros en cinq mois pour produire Jeux dangereux.
Aux Etats-Unis, où la culture du mécénat est bien plus développée, la plateforme KickStarter mène la danse dans ce domaine. Depuis son lancement en 2009, plus de 3,9 millions de personnes y ont récolté plus de 588 millions de dollars, finançant ainsi 40 000 projets, revendique le site. En mars, le film Veronica Mars, de Rob Thomas, y a récolté 2,5 millions de dollars en vingt-quatre heures (lire la note de BigBrowser sur ce sujet). Cette fois, c’est un long métrage de Zach Braff, Wish I Was Here, qui demande sur ce site 2 millions de dollars. En cinq jours, et à vingt-cinq jours de l’échéance de la campagne de dons, il en a déjà reçu davantage, grâce à plus de 31 000 mécènes.
Avant de dévoiler l’intrigue, la musique, quelques “prévisualisations” et l’équipe du film dans ses grandes lignes, le réalisateur de Garden State y expose ses motivations : ”Financer un film indépendant de manière traditionnelle implique souvent d’abandonner son droit à avoir le dernier mot sur le montage, ses choix de casting, de lieux, et de couper son script pour le rendre ‘tournable’ et réduire au maximum le budget”. “Je veux que vous soyez mes financeurs et mon audience, afin que je puisse faire un film pour vous, sans compromis”, conclut-il.
Pour les donateurs qui rendront possible la réalisation du film – qui doit sortir en septembre 2014 et être présenté au Sundance Film Festival –, sont promises quelques contreparties, à hauteur de la générosité de chacun : goodies (tee-shirts, posters dédicacés), places de cinéma en avant-première, possibilité d’assister au tournage en août à Los Angeles, ou encore, pour un don de 10 000 dollars, de participer pleinement au film, “traité en star” comme il se doit.
DARC - C’EST MOI LE PRINTEMPS
Je ne l’ai pas connu à l’époque Taxi Girl, trop jeune, mais j’en sentais encore les influences des décennies plus tard, quand écouter de la musique était devenu vital. Ce visage impassible et le filet de voix inquiétant qui seront toujours dessinés sur le tableau musical de la France eighties, le post-punk sous Mitterrand, des jeunes gens modernes malgré eux parce que l’époque, les managers et le public voulaient ça, et tout le monde regardait le futur avec mépris et plein d’idées.
Daniel Darc faisait partie de tout ça, mais pas complètement. Les meilleurs restent à la marge, pour X raisons souvent injustifiables. Il aurait pu être Sirkis, et son groupe remplir le Stade de France pour ses 50 ans, mais il a préféré ruminer l’autodestruction avant de la pratiquer, ne rien préparer et ne pas réfléchir. Il a préféré dire des phrases comme “Quand les gens disent ‘problèmes de drogue’, je dis ‘solutions de drogue’. Sans les drogues, je serais mort depuis longtemps, j’aurais pas pu supporter tout ce qui se passe”, et y croire.
HOW I MET YOUR MOTHER - BIENTOT LA FIN
La série How I Met Your Mother (HIMYM pour les intimes) va s’achever en 2014 après 10 saisons passées sur CBS. On serait tenté de dire qu’il est temps car le pitch de cette série repose sur l’histoire d’un père qui raconte en 2030, à ses enfants âgés de 14 et 16 ans, comment il a rencontré leur mère autrefois (à notre époque donc). D’un point de vue purement mathématique il semble donc urgent que les parents se rencontrent et ainsi décident de fonder un foyer. On évitera ainsi l’écueil de l’essoufflement d’une série que pour ma part j’ai cessé de regarder après la cinquième saison.
HOMESHAKE - MOON WOMAN
On va dire que si la nonchalance soul de Mac Demarco t’attires, et que t’es prêt à échanger sa capacité à sortir un riff magique à chaque fois qu’il frotte sa gratte par une approche plus introspective, dans une brume d’herbe et de légère déprime, il y a des chances que Homeshake te plaise. Car #1 on retrouve Mac à la batterie binaire, et surtout #2 c’est le projet solo de Peter Sagar, qui tourne avec le crooner canadien après avoir partagé un groupe (Outdoor Miners) dans leur jeunesse d’Edmonton.
La vingtaine de minutes que dure The Homeshake Tape a été enregistrée entre deux tournées, une respiration créatrice, mais sans retranchement dans un studio moderne. C’est trois hommes un peu isolés dans une maison avec des instruments et sans objectif précis, avec des BSides aux riff bleus dans les poches. Sagar chante le sensuel et le désabusé, souvent les deux à la fois, d’une voix pleine de cernes et sans jamais vraiment décoller, un peu affalé sur son canapé. Et c’est donc comme ça que s’écoute sa musique, je pense. Demarco passe en Europe ce printemps, ce sera l’occasion de payer une bière à Peter et lui demander.
RATTRAPAGE
Si vous avez passé les trois derniers mois (en gros depuis le Nouvel An) calfeutré au fond de votre lit pour ne pas subir la grisaille persistante, si vous avez débranché votre ordinateur, votre télé, votre téléphone portable, si vous avez résilié votre compte Facebook (qui peut gravement nuire à votre santé) pour ne plus être le jouet d’une connexion asservissante, alors voici un petit résumé de ce qu’on pouvait regarder lors de ce premier trimestre de 2013.
Ce sont bientôt les vacances de Pâques, occasion idéale pour manger du chocolat et s’offrir une solide session de rattrapage. Il ne s’agit que d’une “playlist” indicative de sept nouveautés. Elle n’a évidemment rien d’exhaustif.
House of Cards
C‘est de David Fincher. Avec Kevin Spacey et Robin Wright qui reviennent à la télévision. C’est inspiré d’une série britannique du même nom datant de 1990 et cela montre les coulisses de la politique à Washington. Il y a une forte connotation théâtrale et un côté shakespearien dans l’intrigue de cour. On pense bien sûr à The West Wing d’Aaron Srokin et à Boss de Gus Van Sant.
Top of the Lake
C‘est de Jane Campion. Avec Elisabeth Moss, Holly Hunter et Peter Mullan. On retrouve les thèmes chers à la réalisatrice récompensée pour La leçon de piano, palme d’or à Cannes en 1993. Cela se passe dans une petite ville isolée dans le sud de la Nouvelle-Zélande. C’est lent à souhait et ça fait penser à The Killing version américaine.
Monday Mornings
C‘est de David E. Kelley. C’est peut-être la série médicale que les amateurs du genre attendaient depuis quelques temps déjà. Après Urgences et House, on aborde l’hôpital par le versant de la toute puissance du médecin et par la gestion du personnel via l’autocritique publique. Plusieurs épisodes se montrent d’une belle subtilité (sur l’euthanasie, la croyance religieuse, le libre-arbitre, etc.)
Derek
C‘est de Ricky Gervais. Avec le maître de cérémonie dans le rôle d’un employé de maison de retraite affecté par des troubles émotionnels. On sait à quoi s’attendre chaque fois que le scénariste britannique revient avec une sitcom, mais on est toujours surpris par son imagination et sa capacité à générer un insoutenable malaise chez le spectateur.
Banshee
C‘est produit par Alan Ball. C’est de la bonne grosse série B qui s’assume pleinement. Avec des bastons à tous les épisodes. Des protagonistes qui ne vont pas se faire soigner à l’hosto parce qu’ils ont la tronche en biais. Avec des méchants bien bien méchants. Avec des femmes qui ne se laissent pas faire. Cela semble assez simpliciste à première vue et c’est plus complexe qu’il n’y paraît.
Utopia
C‘est l’une des choses les plus étonnantes de ce début d’année. C’est sur Channel 4. Difficile à classer. Disons que c’est un thriller politico-conspirationniste doté d’une esthétique surprenante avec des couleurs saturées, un jeu d’acteurs minimaliste et des plans très soignés. Un peu comme dans certaines séquences de Breaking Bad, la parole est donnée d’abord à l’image. Il y a six épisodes. On doit cela à Dennis Kelly.
Vikings
C‘est la deuxième série de la chaîne History Channel. Cela parle des premières expéditions des peuplades du nord de l’Europe en direction de l’Ouest, vers l’Angleterre en particulier. C’est inspéré des récits mettant en scène le viking Raagnar Lodbrok et c’est adapté par Michael Hirst qui a oeuvré sur The Tudors et produit The Borgias. Gabriel Byrne y est tout à fait surprenant en chef de clan autoritaire et paranoïaque.
Et vous, quelle nouveauté avez-vous appréciée ?
TROMBONE SILLINESS
L’histoire de David est édifiante. Son clip a buzzé, mais il n’y est pour rien.
C’est un pote à lui qui a provoqué le petit phénomène en le postant sur sa page. En plus David n’en avait que faire, c’était juste une petite expérience… de prise de son !
Mais bon, il n’y avait pas de raison qu’on détourne son boulot, donc David a remis en ligne son clip original et sans pubs. Non mais des fois !
PAGANINI FACIAL EXPRESSION
La musique classique peut s’apprécier de différentes façons.
Enregistrée, live ou éteinte. Mr Vachon la vit en tout cas intensément et notamment en terme d’expressions faciales…
Ses voisins de transport en commun peuvent ainsi l’apprécier lorsqu’il s’entraine au casque !
BECK - SONG READER
D’un point de vue marketing ou musical, l’idée n’en reste pas moins de génie ! Lancer un album de partitions imprimées à l’heure du numérique et de la musique dématérialisée, en laissant libre cours à l’interprétation des internautes, il fallait oser et surtout y penser. Beck, ou plutôt son éditeur, l’ont fait et ont réussi un coup double. Le livreest épuisé et en cours de réédition. Quant à l’album, ou plutôt les mélodies, ils font le tour du web. Tout ça sans frais de studio ou de promo…
Tapez : beck song reader sur youtube et regardez les différentes versions y en a qui sont pas mal ;)
STAR WARS : hard of hearing Vader par Jon Friedman
Ceux qui en ont marre de Star Wars n’ont malheureusement pas fini d’en entendre parler. Comme chacun le sait, la fameuse troisième trilogie est en route. Et en cas de succès pourquoi pas une quatrième, le merchandising étant, comme l’univers, en expansion permanente… Mais avec quels personnages ? Car Vader commence à se faire vieux et même en usant de la Force, il tendrait à devenir sourd comme un pot..
TRUE TRUSH
La théorie du téléphone arabe est connue, c’est celle du bruit qui court mais amplifié et déformé. Exemple, vous dites à votre voisin « patate » et lui demandez de transmettre. Le quidam voulant bien faire s’exécute et transmet « il m’a dit de dire patate » et de faire suivre. Le troisième individu transmet « machin a dit que t’étais une patate » etc… la déclaration s’étend à une communauté rapidement vexée d’être à ce point ostracisée qu’elle en déclenche un conflit.